Petite histoire de notre rencontre :
En partant au Cambodge avec Claudie, un de nos objectifs était de dénicher la petite école que nous pourrions parrainer avec l’association.
Nous avions quelques contacts sur Phnom Penh, ce qui nous a permis de ne pas partir à l’aveuglette.
C’est dans le village de Trapaing Anchanh, à 21 Km de Phnom Penh, que nous avons trouvé notre bonheur. C’est ici qu’habite Chana, une amie de Claudie.
Au courant de notre projet, elle nous a proposé de rencontrer le directeur de la petite école primaire. Le rendez-vous est pris pour 10 heures le lendemain.
C’est donc en tuk-tuk que nous fîmes notre arrivée. Nous avons été aussitôt impressionnées par l’accueil. Le jeune directeur parlant français et toute une délégation du village nous attendaient pour nous présenter leur école maternelle. Tout le staff était là. Heureusement que nous n’avons pas fait le trajet dans une grosse berline mais en tuk-tuk. Ils se sont rapidement rendus compte de nos moyens.
Présentation rapide, et direction la petite classe de maternelle à l’autre bout des bâtiments qui constituent l’école primaire.
On entre dans la petite salle où une cinquantaine de bouts de choux arrêtent ce qu’ils font, se lèvent, nous saluent tous en chœurs, et reprennent ensuite leurs activités.
Les enfants sont répartis en deux groupes, chacun avec une institutrice. Ils dessinent, découpent, ou chantent une comptine.
Certains sont en uniforme, les autres non, sachant que la tenue complète vaut une dizaine de $ et que c’est hors de portée de bien des familles.
On reste un bon moment à les observer. Ils semblent ne plus nous voir, mais nous, nous sommes toutes émues à les regarder. Cela fait un petit bout de temps qu’on ne s’était pas retrouvé dans une classe de maternelle.
Vers 11 heures, les enfants sortent de leur salle et vont tous se mettre en rang devant la réserve d’eau. C’est l’heure de la douche. Les institutrices prennent de l’eau dans une bassine à la casserole, aspergent chaque enfant, savonnent et shampouinent, puis rincent. Des grimaces se dessinent quand la mousse entre dans les yeux, mais certains semblent adorer cette séance. Chacun reprend son krama, se sèche et se rhabille. La douche est précieuse ici. Pas d’eau courante, ils achètent l’eau 1,30 $/m3. Pas de gaspillage.
Le directeur et les chefs de village nous emmènent dans le bureau pour nous expliquer la présence de cette maternelle.
L’union de Trapaing Anchanh a été créée en 2006 et se compose de 6 villages et 687 familles (population totale 2194 personnes). La plupart sont pauvres, il n’y a qu’à voir les photos prises lors de notre petite balade dans les rues.
55 enfants de 3 ans à 5 ans encadrés par deux institutrices fréquentent la classe maternelle qui se situe dans l’école primaire. Les cours commencent à 7 h, puis en fin de matinée les enfants prennent une petite douche, déjeunent à midi et ils font ensuite la sieste, et la classe reprend de 13h à 15 h. Pendant les cours il y a beaucoup d’activités : ils chantent, jouent, racontent des histoires, découpent, dessinent …
Leur objectif, c'est de préparer les petits pour le primaire, que les plus âgés des familles ne soient pas obligés de louper l'école pour les surveiller pendant que leurs parents travaillent et que ceux là même puissent partir tranquillisés.
Cela permet aussi d'offrir à ces gamins au moins un repas correct dans la journée. Un bol de riz et une soupe.
Comme les enfants ne sont normalement pas scolarisés aussi jeunes, il n'y a aucune aide du gouvernement. Ils se débrouillent donc comme ils peuvent, et seules les familles qui peuvent le faire payent 2,5 $ par mois. Il semble qu'au départ, une certaine somme leur a été allouée par une association pour pouvoir faire des micros crédits aux gens du village. Cette même organisation paye pour l'instant les instituteurs, mais cela doit s'arrêter et ils n'ont pas de solution de remplacement.
Quand on se promène dans le village, on comprend vite les difficultés de la commune pour trouver des financements. La très grande majorité des maisons consiste à un peu de béton, du bambou et bois, et beaucoup de tôles ondulées. Pas d'eau courante évidemment, les gamins tirent de gros bidons sur à roue pour alimenter la maison. Notre chauffeur de tuk-tuk s'est arrêté dans une maison pour en avoir pour son moteur. Il en a demandé à une gamine qui transvasait des bidons dans sa réserve, et il lui a payé les 3 litres.
La discussion continue. Ils nous expliquent que bien sûr ils ont besoin d'aide et on essaye de leur faire comprendre qu'on est un bébé association avec un budget limité. Nous pensons que le message est bien passé.
Les deux instituteurs leur coûtent 40 $ chacune par mois. La nourriture, elle, revient a 300 $ par mois en comptant le riz, la soupe et le bois.
Ils ont aussi besoin de matériel pédagogique.
Leur projet est d'agrandir la salle de classe de ces tout-petits (4500 $). Bien évidemment, ils ont vite compris que ce projet nous dépassait.
Le temps que les enfants prennent leur repas, nous sommes allées au marché avec Claudie acheter 50 kg de riz et des fruits comme pour sceller notre « partenariat ». Au retour, c’était l’heure de la sieste. Comme partout, il y a ceux qui dorment à poings fermés, ceux qui chahutent et qui rigolent, ceux qui restent en silence absorbés dans leurs pensées et bien sûr le petit du fond qui pleure. L’institutrice le prend par la main, lui offre un fruit qu’on venait d’apporter, et trois minutes après, il dormait.
Nous pensons que si réellement on veut parrainer une petite école, cette maternelle a tout pour nous rendre heureux. Ces gosses sont à l'âge où on a tout à découvrir et on peut, nous association, faire certainement beaucoup de choses pour eux sans aller dans des investissements compliqués.
Ce directeur, Thea, et les chefs de village, sont d'une très grande motivation pour continuer cette école, malgré des financements qui s'arrêtent bientôt.
Thea s’est créé une adresse mail pour que nous puissions discuter facilement. Mais il ne peut y accéder qu’en se rendant sur Phnom Penh. Nous avons commencé à échanger par téléphone, mais cela ne passe pas toujours bien. Cependant, les habitudes et le rythme des échanges vont être pris et on va pouvoir travailler efficacement.





